La consultation de l'inventaire de ses publications conservées à la Bibliothèque Nationale de Paris est assez édifiante pour Clodomir Rouzé :1 12 éditions sont repérées. La dernière réédition est de 1925, elle concernait les grammaires latines et lui était posthume de 10 ans.Elle faisait autorité depuis 1875 avec trois éditions cette année là.
Au début du 19ème siècle, les distributions de prix en fin d'année scolaire ont été des moments privilégiés pour diffuser ces diverses publications parmi les familles Ecaillonnaises. Les quelques personnes âgées consultées aujourd'hui se souviennent de ''La Légende de la Fontaine sans fond". Elles ont fait passer dans la réalité les contrebandiers et Marie Noirs Yeux. et elles aiment commenter les événements qui se sont déroulés prés du ponceau. En terre de Hainaut, de nombreuses légendes font engloutir un carrosse et son attelage dans une fontaine sans fond et Ecaillon ne pouvait pas échapper à cette tradition populaire.
Le lieu-dit ''la Fontaine sans Fond'' figure toujours au cadastre. C'était un puits artésien d'environ dix mètres de diamètre qui jaillissait à trente centimètres du sol, dans un pré, non loin du Bois des Billes. Appelée autrefois, Fontaine aux Bouillons, cette généreuse fontaine alimentait la rivière Escaillon qui a fait tourner les roues des deux moulins à eau bâtis sur son cours.
Le premier, le plus ancien, au bosquet du Préset vers Pecquencourt, avait une roue alimentée en dessous il profitait du gros débit primitif de la rivière, il a disparu vers 1650. Le second était proche des douves du château et était actionné par une roue alimentée au dessus, son ''grenier d'eau'' entourait la motte du château du seigneur du village. Ses mécanismes sont déplacés à Masny depuis 1920 et y sont endormis depuis 1970.
Les besoins en eaux potables de l'agglomération lilloise ont nécessité la multiplication des forages. Cet accroissement de stations de pompage derrière le site de l'abbaye d'Anchin a fait baisser le niveau des eaux souterraines. La Fontaine Sans Fond s'est arrêtée au fur et à mesure de la baisse du niveau de la nappe phréatique. Juste après la seconde Guerre Mondiale, une décision municipale a transformé le cratère de la source tarie en décharge pour ordures ménagères.
La Compagnie des Mines d'Aniche, avec la fosse Sainte-Marie à Auberchicourt, a profité de ce que la source de la rivière Escaillon se trouve au pied de son terril et se jette dans la Scarpe à Pecquencourt. Elle y a fait déverser les eaux engraissées et noircies de ses stations de pompage en profondeur. La rivière transformée en égout à ciel ouvert fut baptisée du sinistre nom de Fossé Noir, encore usité de nos jours.
Verra-t-on un jour, à proximité du ponceau sur la route qui mène à Bruille, le panneau orné des trois ondulations bleues et parallèles et sur lequel sera gravé L'ESCAILLON ?
Merci à toute l'équipe municipale, élus et employés, pour leur aide à la réalisation de ce document d'information sur le patrimoine municipal.
A suivre ...
Guy TONARELLI
Août 2001
Sources : Archives Communales d'Ecaillon, registre d'état civil
Collection privée ''Autour de mon clocher et au-delà'' C. Rouzé, édition 1910
Ché chouquifo arténir pour s'arapler
c'est ce qu'il faut retenir pour s'en souvenir
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